Fayet
La mémoire de la commune
Fayet est une commune du département de l'Aisne, dans la banlieue de la ville de Saint-Quentin, en région Hauts-de-France.
Au fil de l’histoire
La carte de Cassini montre qu'au milieu du XVIIIe siècle, Fayet est une paroisse. À l'ouest, la ferme de Cépy faisait partie de Saint-Quentin.
De nombreux combats se sont déroulés à Fayet le 18 janvier 1871 avant la défaite de l'armée française.
La commune de Francilly-Selency est créée par détachement en 1883 de celle de Fayet, créée lors de la Révolution française.
Comme d'autres villages de la région, Fayet est sorti meurtri de la Grande Guerre car le village a été entièrement rasé en 1917 par les Allemands.
Le 28 août 1914, soit moins d'un mois après la déclaration de guerre, l'armée française bat en retraite vers l'ouest et les Allemands, après avoir pris Saint-Quentin, arrivent à Fayet. Dès lors commença l'occupation allemande qui dura jusqu'en mars 1917. Le front se situant à une vingtaine de kilomètres à l'ouest vers Péronne, l'activité des occupants consistait principalement à assurer le logement des combattants et l'approvisionnement en nourriture. Des arrêtés de la kommandantur obligeaient, à date fixe, sous la responsabilité du maire et du conseil municipal, sous peine de sanctions, la population à fournir : blé, œufs, lait, viande, légumes, destinés à nourrir les soldats du front. Toutes les personnes valides devaient effectuer des travaux agricoles ou d'entretien.
Voici des extraits d'un arrêté de la kommandantur d'Holnon valable pour 25 communes de la région : « Holnon le 22 juillet 1915. Tous les ouvriers et les femmes et les enfants de 15 ans sont obligés de faire travaux des champs tous les jours aussi dimanche de quatre heure du matin jusque huit heure du soir... Après la récolte les fainéants seront emprisonnés 6 mois... Les femmes fainéantes seront exilées à Holnon pour travailler. Après la récolte, les femmes seront emprisonnées 6 mois... Les enfants fainéants seront punis de coups de bâton. De plus le commandant réserve de punir les ouvriers fainéants de 20 coups de bâton tous les jours...Les ouvriers de la commune Vendelles sont punis sévèrement ».
En février 1917, le général Hindenburg décida de la création d'une ligne défense à l'arrière du front, dite ligne Hindenburg ; lors du retrait des troupes allemandes, tous les villages seraient détruits pour ne pas servir d'abri aux troupes franco-anglaises. Du 14 au 23 février les habitants furent évacués et dispersés dans des lieux occupés, jusqu'en Belgique. En mars 1917, avant du retrait des troupes allemandes sur la ligne Hindenburg, le long du canal de Saint-Quentin, les maisons sont pillées et incendiées, le village est systématiquement détruit. L'église, la mairie, les écoles et toutes les maisons sont dynamitées et les arbres sciés à 1 m de hauteur.Le village, vidé de ses habitants, reste occupé par les Allemands ; il est repris les 13 et 14 avril 1917 après de durs combats par les troupes britanniques. Les ruines du village seront plusieurs fois reprises par chaque camp et ce n'est qu'en septembre 1918, lors de la bataille de la ligne Hindenburg que Fayet sera définitivement libérée par la 24e division britannique.
Après l'Armistice de 1918, de nombreux habitants ne revinrent pas s'installer dans la commune et, avec les dommages de guerre, commencèrent une nouvelle vie dans d'autres lieux. Pour ceux qui furent de retour commença une longue période de plus de dix ans de reconstruction des habitations (maisons provisoires), des fermes, des bâtiments publics, des routes. De 390 habitants avant la guerre en 1911, Fayet n'en comptait plus que 195 en 1921, soit exactement la moitié.
Vu les souffrances endurées par la population pendant les quatre années d'occupation et les dégâts aux constructions, la commune s'est vu décerner la Croix de guerre 1914-1918 (France) le 17 octobre 1920.
Sur le monument aux morts sont inscrits les noms des vingt soldats fayellois morts pour la France ainsi que de quatre civils.
Les origines du nom
Le village apparaît pour la première fois en 1145 sous le nom de Faiet, puis Faihel en 1156 dans un cartulaire de l'abbaye d'Homblières, Fayel, Faiel, Faiellum, Saint-Sulpice de Fayet en 1739 et enfin l'orthographe actuelle, Fayet au milieu de XVIIIe siècle sur la carte de Cassini.
Le village doit son nom au latin fagetum, fagus qui signifie hêtre.
Un patrimoine à découvrir
Église Saint-Sulpice de Fayet.
Porche de la chapelle Saint-Clément, seul vestige de cette chapelle, détruite pendant la Première Guerre mondiale. Le porche a été restauré en 2006.
Mémorial 1914-1918 de la ville d'Oxford.
Ruines d'une fortification du XIIe siècle.
Le paysage et le village
La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau.


